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Punitions

4 Sep 2019

 

Nous ne fîmes pas jeu commun avec notre sœur aînée, car trop d'années nous séparaient. Quand Christiane et moi eûmes neuf et dix ans Dédée filait vers ses quinze ans, ce qui, convenons-en, ne lui permettait pas de jouer à la marelle ou à la dame avec ses petites sœurs. Très complices, nous, les deux petites, partagions plein de jeux dans les dépendances de la maison, grenier à blé, grenier à foin, grange à bottes de pailles, et autres recoins. Par la grâce de notre imagination, ces lieux devenaient une salle de jeux qui n'avait rien à envier à celle des enfants plus nantis.

Cette complicité nous amenait aussi parfois à partager les punitions, il arrivait que nous récoltions un blâme commun, mais je me souviens d'un jour où sans ma cadette, après je ne sais quelle bêtise, je fus expédiée dans la cour ; Christiane n'eût pas le cœur de me laisser seule et, par solidarité, elle me rejoignit dans la cour, en haut des escaliers de la cave.

Malheureusement pour nous, c'était l'heure du repas familial et les autorités ne voyant pas d'inconvénient au fait que nous en soyons privées, se gardèrent de nous rappeler au bout de dix ou vingt minutes. Les punitions vite suspendues, ce n'était pas le genre de la maison. Nous savions qu'il était inutile de venir pleurer à la porte et nous comprimes que nous devrions renoncer à nous sustenter. Je tentai alors de faire face à la situation en cherchant le moyen pour remplir un peu nos estomacs qui criaient famine. Heureusement des melons récoltés et triés par notre père se trouvaient là et je me saisis alors du couteau réservé au tri et entrepris de couper des tranches de ce fruit parfois délicieux. Je dis bien parfois, car le papa avait sélectionné tous les bons melons pour la consommation familiale, en ne laissant que ceux à goût de rave à l'usage des animaux… Nous dûmes nous en contenter, car, l'heure de repas dépassée, nous savions bien que nous n'aurions pas droit à un deuxième service. Mais, nous disions nous, ils allaient avoir besoin de notre aide pour partir garder les chèvres, ils seraient alors bien obligés de nous rappeler. Hélas ! nos espoirs furent déçus, les auteurs de nos jours décidèrent de se passer de nos services et, confièrent à notre aînée la tâche de garder les biquettes. Les deux pénitentes durent attendre l'heure du goûter pour avaler une tranche de pain agrémentée d'une barre de chocolat. 

 

Même les fillettes sages

Font parfois quelques bêtises

Elles ne sont pas des images

A la gentillesse exquise

 

Et, dans ces années cinquante

Un enfant ça filait droit

Pour n'être pas délinquante

Qui passerait sur les lois

 

C'était donc pour notre bien

Que les parents sévissaient

Des punitions pour un rien

Je crois bien qu'il en pleuvait

 

Nous n'étions pas des martyres

Et des décennies plus tard

Hors de question de gémir

D'avoir eu un père fouettard

 

Ne compter pas trop sur moi

Pour pleurer sur une enfance

A la Cosette ma foi

Ce serait trop de malséance

 

Je ne garde dans mon cœur

De ce temps de mon enfance

Pas une once de rancoeur

Juste bonne souvenance.

 

 

 

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