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La 4 CV -ou la bénédiction des autos-

11 Jul 2019

 

L' année de mes dix ans ,un grand progrès entra dans la vie de notre famille, un frigo ? Une machine à laver ? Une télévision ? Non, cela viendra plus tard, je parle de quelque chose de plus mirifique que seule une poignée de villageois possédait, quelque chose qui semblait inaccessible au temps de la jeunesse de nos parents, bref ! Il entra au garage aménagé dans une partie de l'écurie, une belle voiture toute neuve. Auparavant ,nous nous déplacions en vélo, en train ,ou en autocar, ce qui limitait beaucoup nos sorties, et désireux d'améliorer leurs conditions de vie, nos parents avaient économisé sou par sou pour s'acheter une modeste 4 CV; cela eut été un grand déshonneur que de recourir au crédit pour acquérir une voiture plus spacieuse, chez nous, on ne pétait pas plus haut que son cul ! Mon père, âgé de 40 ans avait du passer son permis de conduire et le moniteur Monsieur Monod de l' auto école du même nom, située à Tournon venait tous les dimanches prendre son élève à la maison.  Au bout d'un certain nombre de semaines, bien préparé , le papa réussit haut la main cet examen, et, pendant des mois, nous attendîmes la venue de la nouvelle acquisition. Enfin elle arriva, plutôt grise que noire,car c'était moins salissant; d ailleurs je pense que les 4CV n' existaient pas dans des couleurs vives. Comme elle était belle notre rutilante voiture, comme nous étions fiers ! Les trois filles étaient coincées à l' arrière sur des sièges rouges en simili cuir du plus bel effet. Cela eût été parfait sans la gêne provoquée par la désagréable odeur dégagée par ce matériau , cette odeur nous soulevait le cœur dès notre entrée dans l'habitacle. 
L' heureux conducteur de la merveille, peu concerné par ce problème, tout à la joie de sa possession l'astiquait souvent à la peau de chamois, il était impensable que la carrosserie devienne terne par manque de soins, elle se devait de briller !
Mais dans une famille très chrétienne, on ne pouvait pas rouler dans une voiture qui n 'aurait pas été bénie. Tous les ans à Saint Christophe, dans un village proche de la Drôme se déroulait une cérémonie consistant à bénir les voitures. Par une belle journée nous nous y rendîmes , mais avant que les voitures ne fussent bénies, il y eut, évidemment, le passage par l' église et la suite de la cérémonie se déroula dans un pré où s' alignaient les voitures. Une photo témoigne de cette journée, l 'on m' y voit en robe écossaise, poser au milieu des participants, dans un décor de voitures bénies ou à bénir.
Mais la catastrophe se produisit un dimanche de janvier 1955, la belle carrosserie fut un peu abîmée. Tonton Célestin et Tatan Augustine étaient venus de Firminy pour dîner à la maison (nous ne disions pas déjeuner, chez nous, le déjeuner c était le matin, le dîner à midi et le soir c était le souper). En fin d'après-midi mon père les reconduisit à la gare de Saint Rambert d'Albon de l 'autre coté du Rhône, dans la Drôme. Hélas, à l' entrée du pont de Serrières, une plaque de verglas fit glisser la 4CV et elle heurta légèrement une autre voiture. Quand nous vîmes notre merveille cabossée, Christiane et moi nous fondîmes en larmes !  Par la suite, la 4 CV n'eût jamais la moindre bosse ou égratignure, mon père était très prudent et la conservation du bel aspect de la voiture fut facilitée par le fait qu'elle n'a jamais traîné les roues dans des villes comme Lyon ou Valence. Annonay ou Tournon, 
c'était bien suffisant, pour Lyon nous prenions le train. De plus, pour aller travailler à la gare il était impensable d 'utiliser la voiture, le papa y allait par tous les temps, en vélo où plus tard en mobylette, ceci même de nuit . Il faut dire que cela eût entraîné un détour par le grand pont et qu une passerelle pour piéton enjambait le Rhône et raccourcissait les distances. Ce qui nous impressionnait c'est qu' avec la 4CV, le fait de rouler à quatre-vingt donnait une impression de grande vitesse et  notre mère s'alarmait du risque pris et demandait avec véhémence au papa de rouler moins vite. La 4CV nous fit découvrir des beaux sites de notre région, pas trop loin quand même, elle nous emmena pour des pique niques; d'ailleurs nous n'utilisions pas ce mot, nous, on allait manger sur l' herbe.

Plus tard la 4cv fut remplacée successivement par deux 4L ,mais l' enthousiasme suscité pas l'arrivée de la première voiture ne fut plus jamais au rendez-vous. 
Perdue dans mes pensées, très loin dans les années cinquante, il me vient des démangeaisons cérébrales qui me conduisent à enfourcher mon dada;  c'est quoi mon dada ? Ben, un petit poème !

 

 

Elle brillait la quatre chevaux
Polie à la peau de chamois
Elle sortait quand il faisait beau
Mais plus rarement par grand froid

Il fallut tant d'économies
Pour acquérir la merveille
Les parents étaient des fourmis
Qui mettaient de côté des payes

Il existaient d'autres voitures
Arondes, Frégates ou Vedettes
Avec de belles garnitures
Plus spacieuses pour trois fillettes

Mais ce serait trop grande honte
De péter plus haut que son cul
Papa avait bien fait les comptes
Plus coûteux c' était défendu.

Quand vrombissait le moteur
La merveille fendait la bise
Et même à quatre-vingt à l'heure
On se sentait toute grise

A nous les manger sur l'herbe
L'aven d'Orgnac et Hautecombe
Tant de paysages superbes
Aussi beaux qu'au bout du monde

Il s'est écoulé soixante ans
Tant d'eau sous les ponts a coulé
Cette chère voiture des parents
C'est impossible de l'oublier

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