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Pantalons et bas nylon

20 Jun 2019

 

 

 

 Quand arrivait le temps des frimas, il n'y avait rien à redire du côté des mollets, les chaussettes de laine tricotées par la maman les protégeaient de la bise glacée qui balayait notre vallée du Rhône, un bon manteau de lainage protégeait le reste du corps, bonnet, écharpe, moufles complétaient cette chaude vêture et seule subsistait une zone d'inconfort au niveau des genoux ; car, en ce temps-là, ni garçons, ni filles ne portaient de pantalon. Ce vêtement était proscrit dans les écoles et cette

ostracisation subsista dans les lycées de jeunes filles jusqu'à la fin des années soixante. Pourtant, je ne sais pourquoi, dans mon cas, une exception fut faite lors de l'hiver 1956, la maman n'eut pas le cœur de me faire attendre genoux au vent le car par lequel je me rendais au collège, et elle m'acheta un pantalon. Ce fut pour moi un véritable événement, on le choisit bien « à l'avantage », comme on disait alors, une fillette ça grandit vite et il était hors de question qu'il ne me fit qu'une saison. Un tissu solide et peu salissant s’imposait, donc, quoi de mieux que du velours gris ? Je me souviens encore de l'odeur de ce tissu et du crissement qui se faisait entendre à chaque pas ; certes, je ne l'avais pas choisi comme c'est le cas pour les enfants d'aujourd'hui, mais, néanmoins, j'en étais très fière !

 

Par la suite, je ne portai plus jamais de pantalons à l'école, ceci d'autant plus que j'intégrai un pensionnat dès la cinquième.

Devenue jeunes filles, nous quittions chaussettes et socquettes pour accéder aux bas nylon, ce qui, à notre avis, nous conférait le grand prestige d'être enfin entrées dans l'âge adulte. En ce début des années soixante, il arriva une mode d'une grande nouveauté, qui ne fut pas ignorée dans le bourg ardéchois où se trouvait le pensionnat : les jambes des filles se teintèrent soudain de couleurs joyeuses, et, j'eus le grand bonheur d'entrer en possession d'une paire de bas du plus beau rouge, ce qui me procura le sentiment d'être aussi à la mode qu'une parisienne !

Si une jeune personne s'égare sur cette page, elle peut s'étonner que je parle de bas plutôt que de collants, mais c'est tout bêtement parce qu'en ce début des années soixante nous ignorions le port de cet accessoire et pour ma part, quand il arriva, je fus très contente d'être délivrée des portes jarretelles nécessaires à l'arrimage des bas… 

Et aujourd'hui, comme la plupart de mes congénères, le temps des frimas venus, je suis ravie de ma collection de pantalons confortables qui me permettent de me chausser tout aussi confortablement, et je conclus ces quelques commentaires pour affirmer que ma mère, née en 1914, n'a jamais revêtue le moindre pantalon !

 

 

 

Pantalon de velours gris

Qui protégea mes gambettes

Quand j'y pense j'en souris

En ce temps-là les fillettes

 

Egalement les garçons

Courraient les genoux au vent

Le ruisseau tout en glaçons

La semaine de l'avent

 

Aussi bien qu'à mardi gras

Seules les chaussettes de laine

Nous protégeaient des frimas

Dans cette si froide plaine

 

Je portais ce pantalon

Qui crissait à chaque pas

J'avais l'air très Margoton

Mais je chantais la, la, la

 

Et quand vint nouvelle mode

Dans mon village là-bas

J'eus aussi dans ma commode

De très jolis nouveaux bas

 

Ce n'était pas qu'à Paris

Que mille jambes de filles

Bravaient les intempéries

Parfois en couleur jonquille

 

Faut pas croire messieurs, mesdames

Que nous plutôt péquenaudes

Loin des tours de Notre-Dame

Nous ne suivions pas la mode

 

 

 

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