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Le boulanger de Valorgues (autres temps, autres moeurs...)

27 May 2019

Il reste en chacun de nous quelques charmants souvenirs d’enfance, nos madeleines de Proust, qui lors de certains moments, nous arrivent en effluves. Je pense que je peux mettre dans cette catégorie, un film de 1953, le boulanger de Valorgues. Est-ce un tel chef d'œuvre, pour que je ne rate jamais une de ces diffusions télévisuelles ? Aucun cinéphile ne qualifie ainsi les aventures du boulanger, joué par Fernandel ! On peut donc s'étonner devant cet engouement ; on ne le sera pas, quand j'aurais précisé que je range cette œuvrette dans ma boîte à madeleines. La raison en est toute simple, il s'agit du premier et unique film vu pendant mon enfance.

Puisque nous en sommes à l'étonnement, que dis-je, à l'écarquillement des yeux, on va encore être surpris quand j'aurais dit que ce n'était pas un film pour enfants. Il y avait une raison très simple à ce choix, le siège de la direction familiale, ne se trouvait pas au niveau enfants, mais au niveau parents, ceux-ci aimaient beaucoup Fernandel et la question ne se posait pas d'un choix plus adapté à nos goûts de fillettes.  

Donc, par un dimanche d'automne, vêtus de nos plus beaux habits, nous empruntâmes la passerelle enjambant le Rhône pour nous rendre dans un bourg de la Drôme voisine, une ville, enfin presque, disposant de deux cinémas.

La mémoire me manque pour me souvenir de notre émerveillement lors de notre installation dans les fauteuils de velours rouge et de notre émoi quand nous vîmes des personnages en mouvement sur l’écran mais j'imagine très bien que ce fut très intense pour que cette journée soit encore gravée en moi tant de décennies plus tard…

 

En regardant ce film, je pense qu'à huit-neuf ans nous étions loin d'avoir tout compris au déroulement de l’histoire ; nous ignorions tout des mystères de la conception, alors, comment se faisait-il que cette jeune Françoise de 18 ans se retrouve avec un bébé sans être mariée ? Gamines innocentes, nous ne nous posions même pas la question.

Ici, j'ouvre une parenthèse pour ceux qui estiment que des enfants de la campagne devaient forcément voir des accouplements d'animaux et comprendre ainsi les réalités de la vie. Il n'en était rien, quand la maman emmenait ses chèvres « au bouc », chez un paysan du plateau possédant ce reproducteur, elle prenait soin de nous tenir ses filles éloignées du lieu où se déroulait l'hommage.

Parenthèse fermée, je poursuis mon commentaire en précisant que des sourires me sont venus en me livrant au jeu des petites comparaisons entre hier et aujourd'hui. Ainsi, en 1953, le jeune Justin escaladait la façade de la maison pour rejoindre la chambre de sa bonne amie, aussitôt les volets se fermaient, et le spectateur devait se contenter d'imaginer la scène.  Chacun sait que cette pudeur n'a plus court depuis belle lurette : de nos jours, Justin et Françoise, qui d'ailleurs ne s'appellerait plus Françoise, s'ébattraient sur l'écran débarrassés de tous leurs vêtements. Le lendemain, Justin partait à l'armée de l'autre côté de la Méditerranée, je passe sur les moultes péripéties du film, ainsi que sur la honte qui s'est abattue sur la pauvre jeune fille quand elle se retrouva enceinte. J'abrège pour en arriver au final : dix mois plus tard le soldat retrouva sa bien-aimée et son beau petit garçon, une scène nous montre alors les deux amoureux devant l’autocar, mais nulles chaudes effusions ne témoigne de la joie des retrouvailles, seulement des chastes baisers sur les deux joues. A bouche que veux-tu, très torrides, vous n'y pensez pas !

Bien sûr comme dans toutes comédies, tout s'arrange à la fin, le film se termine par un mariage, hélas, la mariée ayant fauté, il lui fut impossible de revêtir la belle robe blanche de ses rêves !

Les mères de famille qui se marient en longue robe à la blancheur immaculée, avec pour enfants d'honneur, les chérubins du couple, ce sera pour plus tard, dans une autre époque !

 

 

NB « Bonne amie », quelle expression surannée !  Mais en ce temps-là, on n'employait pas les termes copain, copine, pour désigner des amoureux, on disait « bonami » et le mot « fiancés » ne pouvait être employé qu'après des fiançailles officielles, mais, c'est vrai, nous étions des gens de la campagne et peut-être qu'en ville il en était autrement.

 

 

 

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