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Le mal du pays


Dans mon billet « le pensionnat », j'ai parlé de mon séjour de sept ans dans une petite ville de l'Ardèche, et du long trajet en temps ne nous permettant de ne rentrer chez nous qu'aux vacances. Ma grande sœur, de quatre ans mon aînée, rejoignait le même pensionnat, mais je ressentis un grand désespoir car je dus me séparer de ma sœur presque jumelle (seize mois nous sépare) .

Outre ma petite soeur, tout me manquait, la maison, le Rhône, les bois, la cascade, alors, je glissais quelques souvenirs dans ma valise en carton : un flacon rempli d'eau du Rhône, un petit morceau de bois, quelques feuilles des chênes rabougris, poussant laborieusement sur notre montagne. Et le soir, au dortoir, en attendant que vienne le sommeil, je serrais contre moi, ces petites choses chères à mon cœur.

Voilà, j'ai parlé de la jeune Solange, qui avait tant de vague à l'âme en étant loin de son village, il est permis de penser qu'aujourd'hui, à plusieurs centaines de kilomètres de mon Ardèche natale, je dépéris… Vous n'y êtes pas ! Tout d'abord le mal du pays ne m'a jamais coupé l'appétit, soixante ans plus tard, hélas ! Le truc qui m'empêche de m'alimenter plus de deux jours ne m'est encore pas arrivé ! Et, comme j'ai grandi, vieilli, beaucoup, je vis agréablement tout en étant loin du pays, le bois de Vincennes suffisant à mon bonheur. Certes, ce n'est pas la nature ardéchoise, mais c'est néanmoins un vrai bois qui satisfait mon besoin de verdure.


A ce stade, je vais faire un aveu : pour tenter de venir à bout de mes douleurs inexpliquées, je tente des séances de visualisations, et là, où d'autres se voient sur une plage de rêve, cocotiers, palmiers, mer bleue... moi, je vois l'eau qui ruisselle le long de mon corps et emporte cette foutue douleur. Eh bien je vous le donne en mille, cette eau est celle de ma cascade ardéchoise…

Si loin de ma soeurette

Et de mon petit village

Me venait des larmichettes

Ce n'était pas de mon âge

De partir si loin du nid

Loin de mon fleuve d'argent

Dévaler comme un cabri

Passer le Rhône en nageant

Se cacher haut dans la grange

Ou jouer dans les deux cours

Etre dame de Fleurange

Ou comtesse d'Abancour

Vint le temps de la pension

Après l'heure de la classe

En cours de récréation

Il fallait trouver sa place

Dans le dortoir chez les sœurs

Sur ma joue l'eau du Rhône

De mes bois j'humais l'odeur

Il n’en est pas de plus bonne

Que celle des souvenirs

Et je me laisse envahir

De cette lointaine enfance

Par ce coin perdu de France

Solange écrit(s) !

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