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Les petits plats dans les grands

4 Apr 2019

 

Chez nous, il n 'était pas question d'avoir des invités à déjeuner ; dit comme ça, on pourrait croire que nous étions une famille de sauvages en délicatesse avec tout son entourage, absolument pas, comme tous les gens civilisés, nous recevions parfois des membres de notre famille pour un repas dominical.  C’est seulement que nous nommions différemment ce rituel, on disait que l'on avait du monde à dîner, je dis bien dîner car, nos trois repas quotidiens se nommait déjeuner, dîner et souper, le petit déjeuner c'était pour les gens de la ville, tout comme le dîner du soir. Donc, quand on avait du monde, on ouvrait la salle à manger, habituellement fermée, et la maman dressait une table aussi élégante que chez les bourgeois, nappes et serviettes blanches damassées, brodées aux initiales de jeune fille de la mère de famille, le service de table en porcelaine, les verres à pied, les couverts argentés sortant aussi du placard. Le papa remontait de la cave du vin vieux de la vallée du Rhône et la Clairette de Die que nos parents ramenaient d'une expédition dans un village du Diois.

 

La maîtresse de maison passait des heures en cuisine pour régaler son monde et surtout ne pas faillir à sa réputation de très bonne cuisinière. Elle faisait souvent un sort à l'une des poules qui gambadaient dans la cour et son gâteau crème au beurre valait bien, à son avis, ceux du pâtissier que de toutes façons nous n'avions jamais l'occasion de goûter.

Mais, dans les grandes occasions telles nos communions, on commandait chez un charcutier de Saint Rambert d'Albon, sa spécialité, le fameux boudin Richelieu, et, dans ces dimanches très spéciaux, la maman ne servait ni son gâteau habituel, ni sa mousse au chocolat :  à l'heure du dessert, le maître de maison montait dans la 4CV pour chercher la bombe glacée commandée chez le pâtissier du bourg voisin, cette douceur plus qu'occasionnelle était notre seule contribution au chiffre d'affaire de la pâtisserie.

 

 

Un mot sur le boudin Richelieu dont je garde un souvenir ébloui, il me plairait d'en déguster quand je descends dans ma région natale, mais, hélas, si la charcuterie existe toujours, la recette de cette merveille n'a pas été transmise aux successeurs. Il y quelques temps, j'ai écarquillé les yeux en voyant dans un magazine, la recette du boudin Richelieu par la cheffe valentinoise, Anne Sophie Pic, et, si toutefois elle en sert dans l'un de ses restaurants, il se pourrait bien que je casse ma tirelire pour retrouver cette délicieuse saveur de mon enfance.

Allez, de si jolis souvenirs, ça vaut bien un petit poème !

 

 Le boudin Richelieu d'Anne Sophie Pic (photo Femme Actuelle)

 

Il y avait de beaux dimanches

Où c'était carrément Byzance

Du monde tout endimanché

Viendrait à la maison manger

 

On ouvrait la salle à manger      

Décorée d'un miroir doré

La maman qui savait y faire

Serait toute à son affaire

 

Pour cuisiner de très bons plats

Peut-être mousse au chocolat

Précédée d'un très bon poulet

Engraissé avec notre blé

 

Et si c'était la communion

On irait au pays d'Albon

Chercher le boudin Richelieu

Qui n'était pas un plat de gueux

 

Et tout comme chez les bourgeois

La table serait belle ma foi

La jolie nappe damassée

Dont les initiales brodées

 

Portaient le nom de la maman

Celle-ci très élégamment

Dresserait une table digne

D'un restaurant de grand standing

 

Et, beaucoup plus tard que midi

Viendrait la clairette de Die

On ferait sauter le bouchon

 A notre santé nous boirons

 

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