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Tonton Régis, le missionnaire

28 Mar 2019

 

Comment un petit paysan du haut Vivarais né en 1908, a-t-il pu voguer vers l'Asie autrement que dans les livres d'images ? Tout comme l'un de ses oncles bien des années plus tôt. Pour tous les paysans de France il existait une filière, celle des pères des Missions étrangères qui venaient recruter dans les séminaires et parfois même dans les écoles. Mon oncle entra au séminaire de Viviers, d'où le plus souvent on ressortait pour accomplir son sacerdoce en tant que curé de campagne, destin de son frère Henri ; lui Régis, partit donc pour Paris accomplir la formation qui allait lui permettre de porter la bonne parole jusqu'en Chine où il resta… jusqu'à l'arrivée de Mao.

Je ne fis donc la connaissance de cet oncle qu'en 1949, après son séjour dans les geôles du nouveau régime.

 

 

Après avoir testé la rudesse de sa barbe noire, mes sœurs et moi l'écoutions émerveillées, épouvantées raconter les aventures vécues dans ce lointain pays. Nous avions très peur quand il nous parlait des terrifiants Seigneurs de la guerre, qui parfois amputaient leurs otages d'un doigt pour l'expédier à leur famille afin de les contraindre au paiement d'une rançon. Nous compatissions au sort de tonton, quand il évoquait les interrogatoires subis en prison, la lampe violente, aveuglante, devant laquelle ses geôliers le contraignaient à rester pendant des heures.

Il nous parlait aussi de son amour pour "ses" Chinois de Kunming, où il resta des années. Il aurait aimé savoir que, plusieurs années après sa mort, l'un de mes fils alla à son tour à Kunming pour son stage de fin d'études où il fit la rencontre de son épouse. Ce fut quand même un drôle de destin que celui de ce petit paysan ardéchois, qui après la Chine fit une carrière d'aumônier militaire, en Indochine, à Haiphong sur un porte-avion, au Laos, ou encore en Allemagne dans une base militaire, puis à Autun à l'école des enfants de troupe. Plus tard à notre grande surprise, il revint au pays en tant que curé de village, à la Souche près D’Aubenas.

 

Grâce à tonton Régis, nous nous sommes vues avec mes sœurs pour la première fois en couleur sur des photos ; il aimait nous faire prendre des poses dépourvues de tout naturel, genre, faire semblant de partager une lecture...

Il nous permit aussi d'entendre pour la première fois nos voix dans un magnétophone. J'avais une douzaine d'années et je me souviens de ma surprise en découvrant que j'avais une voix de petite fille ! Qu'est-ce que je croyais, peut être que ma voix ressemblait à celle de Catherine Langeais ! 

 

Un jour quand même je pense qu'il nous avait raconté un bobard : d'un voyage d'agrément au Canada il nous rapporta du caviar, mais des années plus tard, quand j'ai découvert les œufs de lump j'ai compris que le caviar de tonton eh bien, ce n'était pas vraiment du caviar !

Malgré une certaine érudition mon oncle partageait avec moi une âme de midinette ; dans Paris Match, il lisait certes les sujets graves mais aussi les histoires sur les gens célèbres qui me plaisaient tant.

C'est ainsi qu'en 1956, il assista en tant que badaud au mariage de Rainier et de Grace Kelly et il nous envoya deux cartes postales qui, légitimement, me revinrent au décès de notre mère ; en bas de l'une d'elles il avait écrit : « admirez cette princesse qui porte tous les espoirs des citoyens monégasques »

Comme c'est beau, comme c'est loin !

A des degrés divers deux liens me relient donc à cet oncle, Kunming où vit la famille maternelle de l'un de mes petits fils, et l'admiration pour la princesse de légende qu'était Grace de Monaco. 

 

 

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