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L'île de Nicolas

28 Feb 2019

 

 

De temps en temps, la maman, venait garder les chèvres avec nous dans ce que nous appelions l’île de Nicolas. Pour y accéder, nous passions par une digue séparant deux lônes, c’est ainsi qu’étaient nommés ces étangs bordant le Rhône . Quand les eaux du fleuve étaient basses , un gué permettait d'accéder à l'île. Les castors bâtisseurs prenaient leurs aises dans cette île ; il y poussait une plante dont la tige portait des sortes de perruches vertes, que nous étions heureuses d’accrocher autour d’un vase par leur pédoncule en épingle à cheveux. Nous nous installions avec bonheur sur une jolie petite plage, où nous cherchions les beaux galets verts, il s’agissait en fait de débris de verre polis par les roulements sur les galets, provoqués par la puissance du courant de l’impétueux fleuve.    

 

 

                                                                             

 

Les jours ordinaires, notre goûter se limitait à une tranche de pain et une barre de chocolat, du noir, le moins cher, le chocolat au lait était un luxe auquel nous n’avions pas accès. Mais, quand on allait « en champs » avec la maman, sur l’île de Nicolas, ce n’était pas un jour ordinaire ! Une vraie fête, on avait même droit à une boite de mousse de foie, quel régal cette mousse de foie étalée sur une tranche de pain ! 

Nous regardions aussi les péniches passer, le Frédéric Mistral entre autres, le plus grand, le plus beau des bateaux. Dans le sillage de vagues laissé par les bateaux, nous faisions quelques pas en étant aussi heureuses que des petites filles privilégiées sur les plages du bord de mer. Parfois il passait un petit yacht, mais comme nous n’avions pas la moindre idée de la prononciation anglaise, nous, on disait « yak »...

Les chèvres se repaissaient d’une abondante verdure, et la panse bien garnie, elles produiraient un bon lait dont la maman ferait un délicieux fromage, des tommes, présentes tous les jours sur la table de la cuisine.

Hélas, cette île a disparue ! Des messieurs venus de la ville ont décidé de rendre le Rhône plus facilement navigable et de le détourner par un canal. Le majestueux fleuve aux reflets d’argent, devint alors pour ainsi dire, une mare à canards aux reflets verdâtres. Les lônes, les castors, les plantes perruches, tout cela a disparu avec notre merveilleuse île.

Depuis quelques années il a été décidé de réhabiliter les lônes et d'en faire un réservoir d'espèces, des engins de chantiers sont venus creuser, remodeler...

Mais nous ne retrouverons jamais notre île de Nicolas.

 

 

Il y avait la petite île

Avec une si jolie plage

Coin rêvé pour les idylles

Dont nous n'avions pas encore l'âge

 

Et tout en gardant les biquettes

Avec pour une fois maman

Nous lancions des jeux de fillettes

Au bord de ce fleuve d'argent

 

Qui va trouver les verts galets

Aussi précieux que des joyaux

Mais dans nos jeux si gentillets

On trouvait ces cailloux si beaux

 

Dans le sillage des péniches

Nous croyions pour ainsi dire

Etre presque fille de riches

Très loin en train de s'ébaudir

 

La mousse de foie sur le pain

La gourde pleine d'antésite

Avait pour nous goût de festin

Où est passé ce joli site

 

Les géniaux castors bâtisseurs

Nos plantes perruches si rares

Sont venus d'autres bâtisseurs

Pour construire à coup de milliards

 

Un long canal pour les bateaux

Adieu le beau fleuve d'argent

Il ne reste plus beaucoup d'eau

Et de poissons tout frétillants

 

 

 

 

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