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La belle tatan

7 Feb 2019

Elle était belle, elle sentait bon. Ses joues rosies d'un léger fard, ses lèvres teintées d'un rouge profond, ses cheveux noirs ramenés en chignon sur la nuque, ses beaux vêtements, la rendaient digne d'une élégante des beaux quartiers, c'était Angèle, la petite sœur de notre maman.

Comme souvent, dans les familles nombreuses et pauvres, la grande avait élevé la petite de neuf ans sa cadette.

J'ai raconté, dans ma page de présentation, le devenir de cette fratrie de huit enfants, la prêtrise, l'usine, la ferme pour le plus jeune, et l'emploi de bonnes à tout faire pour les trois filles. La jeune Angèle fut placée dans une petite ville de l'Isère, et le sort, sous la forme de Cupidon, lui fit rencontrer un jeune breton, ouvrier pâtissier dans la même ville. Il se marièrent et partirent pour Paris, munis de peu de bagages.

Mon propos n'est pas de raconter par le menu, la vie de ce jeune couple, pour faire court, j'en arrive à leur installation dans une pâtisserie d'Evreux.

 

Ils travaillaient beaucoup, et leur affaire marchait fort bien, j'étais ébahie devant ce qui me paraissait un conte de fées, la petite bonne d'autrefois avait désormais, sa bonne, ses vendeuses. Elle venait à Paris s'acheter des vêtements dans des belles boutiques où l'ancienne petite paysanne était reçue avec beaucoup d'égards. Mais, n'allez surtout pas croire qu'Angèle avait seulement laissé au vestiaire ses tenues de jeune fille pauvre, il n'en était rien, dans sa personne, tout était en accord, elle avait réussi à capter un accent très chic, donnant à penser qu'elle avait grandi à Neuilly.

Aussi, quand mon oncle, ma tante et leurs deux enfants arrivaient dans notre village, j'étais très heureuse de la venue de notre si belle tatan.

Je pensais en mettre plein la vue à mes copines d'école, en leur racontant que notre tante étalait le soir une crème de nuit sur son visage, et que le matin, une crème de jour prenait le relais, cela me semblait le comble du luxe, car, la maman, ne se tartinait que le matin de sa crème Simon à bas prix.

Dans mes yeux de gamine et même de jeune fille, aucune belle dame ne pouvait rivaliser avec notre tante, mais, il faut dire que, dans notre petit village, il n'était pas étonnant que n'existe aucune reine de l'élégance.

Et ce que je trouvais fabuleux, c’est que jamais, au grand jamais, il n'eût été permis à quiconque de deviner que la très classieuse Angèle, avait grandi à côté des vaches et des brebis.

 

Admirative de ce qui me paraît une performance, dix-huit ans après sa disparition, je dis, chapeau à ma si belle tatan.

 

 

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