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La communion solennelle

21 Jan 2019

 

Avant l’apparition des aubes qui ressemblent à des tenues de bonnes sœurs ou de moine, les robes de communiantes, en mousseline ou en organdi avaient fière allure. Je revois le jour où beaux comme des astres, les communiants, cierge à la main, avançaient dans l’allée centrale de l’église ; je dis centrale parce que c’est comme ça que l’on dit quand on parle des mariages princiers, ce qui fait beaucoup d’effet. Dans la petite église du village, il n’y avait qu’une allée, donc, même unique, elle était belle et bien centrale. Nous n’étions que trois communiants, Bernard, Chantal et moi, mais les renouvelants qui avaient fait leur communion un an plus tôt, grossissaient la petite troupe.

 Avant d’en arriver au grand jour, il était exigé une semaine de retraite, non, cela ne consistait pas à nous isoler une semaine dans un monastère, mais à faire encore plus de prières que d’habitude et à écouter les bonnes paroles du curé.

Les robes d’organdi n'étaient accessibles qu’aux plus riches, dans la famille, nous devions nous contenter de mousseline ; je fus vexée, humiliée, la robe avait servi à ma sœur Dédée, à onze ans et demi, j’étais minuscule et le raccourcissement de la jupe devint une nécessité.  L’on rajouta un pli transversal, une baigneuse à la robe. J’eus plus tard ma revanche, car, si ma modeste croissance fut tardive, quand elle arriva enfin, je dépassais ma sœur aînée de six centimètres…

 

Deux ans plus tard, on rallongea la robe pour ma petite sœur car la croissance de Christiane fut plus précoce que la mienne ; je trouvais très énervant que l’on nous prie pour des jumelles, j’adorais ma petite sœur, mais tout de même, le fait qu’avec seize mois de moins que moi, sa taille égalait la mienne me procurait un sentiment d’humilité.

La veille du grand jour, nous avions confessé au curé les péchés que nous ne commettions pas, ce qui était très compliqué, des péchés, comme nous étions très sages, il fallait se creuser la tête pour en trouver ; peut-être même en inventions nous. Après confesse Chantal et moi nous étions allées cueillir des brassées de marguerites pour décorer l’église et des branches d’odorant seringas pour la table du banquet.

 

La cérémonie terminée, j’avais dû ôter ma belle robe pour une tenue du dimanche, il n’était pas question de passer à table revêtue ainsi.

Ma mère avait commandé au charcutier de St Rambert le délicieux plat des grands jours, le boudin Richelieu ; on était allé chercher à la cave voûtée, la clairette de Die et le vin vieux, c’est ainsi que nous appelions ce vin des grandes occasions.

Les cadeaux aussi, c’était chouette, mes parents m’offrirent ma première montre presqu’en or ; en or c’était trop cher, alors la mienne était en plaqué or…ce qui ne l’empêchait pas d’être très jolie et, franchement, entre l’or et le plaqué or, je ne voyais pas la différence !

Des amis m’avaient offert un stylo bille et de la part d’une cousine je reçus une boite de mouchoirs imprimés de toutes les couleurs, une couleur pour chaque mouchoir.

Peu habituée à recevoir des cadeaux et pas très expansive, je ne savais pas très bien remercier, je me sentais empotée, incapable de manifester l’enthousiasme convenant à ce genre de situation, ce qui fit dire à ma mère « quand même tu pourrais avoir l’air contente » !

Ce fut donc une très belle journée, tout ce tralala à l’église, ça me plaisait bien, et même si aujourd’hui, je ne vais à l’église que pour les enterrements, je déplore la sobriété des cérémonies actuelles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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