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Crêpage de chignons et crinolines

Ce n'est pas parce que nous étions dans un patelin ardéchois, que la mode venue de Paris nous laissait indifférentes, nous tâchions donc de nous conformer aux diktats en vigueur.

Dans nos campagnes aussi beaucoup essayaient de ressembler à Brigitte Bardot; là, je ne résiste pas à citer la blague, que j'ai lue ou entendue : « dans notre jeunesse, nous voulions toutes ressembler à Brigitte Bardot, voilà, c'est fait »… Ouh, la vilaine cancanière, ce n'est pas gentil pour la vieille star, de rapporter ça, d'accord, je pourrais être charitable et me taire, mais, que voulez-vous, c'est la vie, on est jeune, belle, on vieillit, tout fout le camp...


Pour obtenir ce gonflage que nous trouvions très embellissant, il fallait beaucoup crêper, ce qui n'était pas trop difficile, cela se corsait quand il fallait cacher le farfouillis ainsi obtenu ; de face, devant la glace nous obtenions toutes un résultat plutôt satisfaisant, au pire le monticule était un peu de guingois, mais il fallait aussi arranger l'arrière, certaines réussissaient très bien cette délicate finition, pour d'autre cela devenait mission impossible, et on apercevait pour ainsi dire un nid !

Personne n'avait la cruauté de faire remarquer ce ratage, l'intéressée s'était trouvée belle ? Et alors ? Du moment qu'elle n'avait pas vu son dos, que demandez de plus ?

Quand je me suis mariée en 1965, la mode était aux gros chignons bouclés, très crêpés, aucune mariée ou presque ne pouvait déroger à cette parure capillaire. Un coiffeur de Serrières, le bourg d’à côté, avait la réputation de maîtriser à la perfection cet art, pour être belle en ce jour où j'allais être la vedette je fis appel à ce maestro.

Et, franchement, mon chignon, n'avait rien à envier à ceux vus dans les magazines, mais, comme je n'avais pas une très opulente chevelure, afin d' obtenir un superbe volume l'artiste avait dû beaucoup agiter le peigne pour crêper au maximum ; si cette œuvre d'art fut très périssable, hélas, il n'en fut pas de même en ce qui concerne le débroussaillage :je dus consacrer à cette opération un peu de mon temps pendant une semaine pour récupérer mes cheveux lisses ! Il faut préciser qu'en 1965, la mode des cheveux crêpés au quotidien avait déjà disparue, seul subsistait le chignon à boucles assez peu pratique pour tous les jours

On gonflait donc moins les cheveux, plus vraiment les jupes, car, on le sait, vers 1959-60, sous l'influence de la star des stars, les jupes avaient aussi beaucoup pris de volume, quelle fille ne rangeait pas dans son armoire un jupon en crin de nylon ? Beaucoup portaient des jupes ou robes à carreaux vichy, sur l'une de mes rares robes, celle du dimanche, des carreaux roses et blanc étaient dessinés dans de la popeline.

Mon but n'étant pas de disserter des plombes sur la mode sixties, je clos là mon verbiage, enfin, pas tout à fait puisque j'y vais de mon petit poème.

La coiffure de la star

Rendait si jolies les filles

Du Pas de Calais au Var

La gironde et la brindille

Cette coiffure bouffante

Donnait des airs de marquise

Et elle rendait attrayantes

Même nous les payses

Et les jupons crinolines

Qui gonflaient nos belles robes

Cousues dans la percaline

Et toutes les garde robes

Essayaient d'être à la mode

Nous ne pensions pas qu'un jour

Comme pour toutes les modes

Nos jupons en abat-jour

Sortiraient du paysage

Tout au long des décennies

Nous vîmes modes plus sages

Et d'autres plus folles aussi

Mais de ce temps si lointain

Ne restent que souvenirs

Et aucun esprit chagrin

Ne fera photos jaunir

Solange écrit(s) !

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