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LE repas au restaurant

12 Oct 2018

Non seulement nous n'étions pas bien riches mais il était impensable pour nos parents de ne pas mettre des sous de côté, ce qui fait que le superflu n'était jamais de mise.

Mais en cet été 1960 il y eut une dérogation à la règle, il fut décidé que lors d'une sortie du côté de la Savoie, toute la famille se rendrait au restaurant, le tonton Xavier et la tatan Théo qui habitait dans l'Isère, de l'autre côté du Rhône se joindraient à nous.

Bien sûr pour un aussi extraordinaire dimanche, nous avions revêtu nos plus beaux habits, dans mon cas une robe en popeline rose à petits carreaux, serrée à la taille par une large ceinture et gonflée par un jupon comme le voulait la mode ; ce n'est pas parce que l'on était des paysannes ardéchoises que l'on devait tout ignorer ce qui se faisait...

La preuve que j'avais envie d'être belle était le port d'une ceinture non élastique, ce qui toute ma vie a représenté pour moi une torture, d'ailleurs ce jour-là, comme pour tous les repas vécus avec cet accessoire, à table, j'avais dégrafé discrètement la ceinture. J'ouvre une parenthèse pour dire qu'avec cette habitude un jour je me suis levée de table sans penser à refermer la jupe et que celle-ci s'est retrouvée à mes pieds, mais comme je portais un jupon, aucune atteinte ne fut portée à ma pudeur.

 

 

 

A l'époque, avec les habits du dimanche on ne portait pas de baskets et j'avais chaussé des escarpins à petits talons, une torture aussi et les rares fois dans ma jeunesse où j'ai tenté de m'en chausser, ils ont fini sous la table, non pas avec mes pieds dedans, mais à côté de mes pieds !

C'était un dimanche et, bien sûr, il n'était pas question de rater la messe, une étape fut donc décidée à l'église de Voiron.

Munie de toutes les bénédictions nécessaires nous reprîmes la route pour une étape plus à mon goût, le restaurant. Nous nous installâmes en terrasse et tout le monde fut fort content de se faire servir. Notre mère, excellente cuisinière estima que l'on mangeait tout aussi bien à la maison, mais la maman ne faisait jamais de gratin dauphinois, et je ne fais pas insulte à sa mémoire de reine des fourneaux en disant que le gratin dauphinois était très bon.

Repus, nous reprîmes la route pour visiter l'abbaye d'Hautecombe, aucun d'entre nous n'était versé dans l'art de reconnaître ce qui méritait le nom d'œuvres d'art, pour nous tout ce qui était très travaillé nous paraissait le summum, et tout le monde s'extasia sur la finesse de la réalisation de la dentelle des statues. Ça au moins c'était beau, pas comme les tableaux de Picasso qui, pour nous, ne représentaient que des gribouillages enfantins.

Comme il fallait faire des économies sur tout, une seule photo fut prise lors de ce grand événement. Immortaliser le repas, vous n'y pensez pas, une photo ça se préparait, alors nous les trois sœurs notre « photographe » de père nous fit aligner sur fond de lac d'Aiguebelette.

Ce fut donc une belle journée, qui nous resta d'autant plus en mémoire, qu'il n'y eut aucun autre repas au restaurant jusqu'au mariage en 1963 de ma sœur aînée…

 

 

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