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Les sept familles

2 Oct 2018

 

Il était une fois sept familles: la famille Loto, la famille Bingo, la famille Maxi goal, la famille Tiercé, la famille Millionnaire, la famille Jackpot et la famille Sans jeux. Quand le fils de la famille Jackpot épousa la fille Millionnaire, en harmonie avec les deux familles, ils jouèrent chacun à leur jeu favori.

Il y eut d’autres mariages entre gens de bonne compagnie, par exemple fils Maxi goal avec fille Tiercé. Mais, hélas, des auspices moins favorables se firent jour quand la fille Sans jeux parla d’épouser le fils Loto ; ils passèrent outre à l’opposition de leurs familles respectives et vint enfin le jour de la noce. Tous les membres des sept familles avaient revêtu de beaux habits, des vrais habits de noces et tout se passa bien jusqu’à l’heure des agapes. Le père Tiercé donna le la et lança dès le début du repas un sujet sur les mérites comparés des divers jeux. La famille Sans jeux ne se sentait pas au diapason, de temps en temps l'un d’eux tentait de lancer un autre sujet de conversation, mais sa voix était vite couverte par le niveau sonore du chœur.  Et il en fut ainsi jusqu’à la pièce montée ; les choses se calmèrent quand le grand père Bingo y alla de la rengaine qu’il chantait depuis 20 ans dans ce genre de festivité, ensuite on dansa et au petit matin chacun regagna sa maison.

 Bien qu’à l’usine les deux pères se trouvassent sur des machines voisines, on n’était pas loin de parler de mésalliance. Quelle tristesse dans la famille Sans jeux de voir leur fils épouser un joueur héréditaire ! Tous les parents dans leur enfance avaient partagé leurs jeux, mais on n’en était pas encore aux jeux proscrits par la septième famille, cette dernière était persuadée d’avoir inculqué à leur fille de solides principes, ils le crurent jusqu’à ce dimanche où devant un gigot d’agneau, leur fille déclara étourdiment jouer sa date de naissance au loto. Toute la tablée fut saisie d’une consternation indescriptible, comment donc, elle aussi, une aussi bonne petite, si bien élevée, se livrait à ces jeux honnis ! On lui trouva des circonstances atténuantes, en effet, comment aurait-elle pu résister dans un pareil environnement ?... Le grand père Sans jeux assura qu’il avait vu du beau monde se ruiner pour le jeu, des comtes, et même des ducs ! La grand-mère rappela que de son temps on ne gaspillait pas l’argent, un sou était un sou. Le père tonna, c’est pas parce qu’on est pauvre qu’on a pas envie d’être riche, mais les jeux, ce n’est pas un moyen pour s’enrichir ; au loto par exemple, il y a une chance sur 17 millions d’emporter la cagnotte, alors, si tu comptes là-dessus pour mener la grande vie, tu peux attendre longtemps ! La mère gémit que ce n’était pas la peine de s’être saigné aux quatre veines pour avoir une fille au comportement si indigne ; le fils dit qu’ avec ses sous, elle pourrait aussi bien acheter de la moutarde !

 

 

Soutenue moralement par son mari et les parents de la famille Loto, la fille écoutait ces jérémiades avec son air de "cause toujours tu m’intéresses" qui irritait tant sa mère ; devant le peu d’impact qu’avait leurs assauts répétés contre les jeux de hasard, ils renoncèrent rapidement à restaurer le bon sens de leur fille ; elle continua chaque semaine à jouer sa date de naissance dans le jeu où 100% des gagnants ont tenté leur chance. Il lui plairait tant de devenir madame dans sa belle maison, madame dans les boutiques, madame dans sa superbe voiture et madame qui le matin se réveillerait de son vrai réveil et non plus de cette horripilante sonnerie, signal de l’heure pour le travail…

 

Les parents Sans jeu se résignèrent au fait d’avoir une fille joueuse et, comme elle ni son mari, ne gagnaient jamais que des bricoles, ils se trouvèrent conforté dans l’opinion qu’ils avaient de la justesse de leur vue. Un véritable coup de tonnerre ébranla bientôt leur résignation : lors de leur repas du dimanche, devant une tarte aux framboises, leur fils annonça qu’il voyait la fille Banco et qu’ils souhaitaient se marier ! Unis dans une même voix les parents Sans jeu se lamentèrent, mais qu’avons-nous fait au Bon Dieu pour avoir des enfants pareils !

Leur fils se félicitait de n’avoir pu trouver le courage de parler qu’à l’arrivée du dessert, au moins ses parents ne sortiraient pas de table avec la faim. Il imita sa sœur dans son numéro de "causes toujours tu m’intéresses", quand tous se furent suffisamment exprimé, il partit rejoindre la fille Banco.

Auprès de sa belle joueuse, son chagrin s’échappa du trop-plein de son cœur, il lui raconta l’incompréhension de ses parents et leur incommensurable faculté de rabâchage. La belle consola, elle assura que ces irréductibles adversaires des jeux de hasard, quand eux-mêmes auraient gagner le gros lot, on les verrait alors se précipiter au tabac pour eux aussi saisir leur chance.

Non vraiment, il ne fallait pas se marteler le crâne pour de telles broutilles ! Ils allaient se marier, avoir deux enfants et beaucoup de petits millions…

 

 

 

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