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Noces d'antan

28 Jun 2018

 

La perspective d’être invitée à un mariage, m’emplissait d’allégresse, vraiment c’était un grand bonheur.

Tous les invités se rendaient dès le matin chez la mariée, pour la constitution du cortège, chaque cavalier devait avoir une cavalière à son bras, telle était la règle. Une fois cet arrangement protocolaire réglé, le cortège prenait le chemin de l’église, en parcourant les ruelles du village. On se rendait d’abord à la mairie pour le mariage civil, puis, cette formalité terminée, on rejoignait l’église toute proche où allait se dérouler la vraie cérémonie. Là, le curé disait une belle messe ainsi que, du haut de sa chaire, un sermon plus ou moins réussi ; une dame patronnesse jouait d’un harmonium, pas forcément bien accordé, mais du fait de nos oreilles peu éduquées en ce qui concerne la musique, cela ne nous dérangeait pas vraiment. 

A la sortie de l’église, les enfants venus admirer la mariée se bousculaient pour ramasser les dragées que la reine du jour lançait ; personne ne s’offusquait de ce manquement à l’hygiène que constituait pour les enfants le fait de ramasser ces dragées par terre.

 

Ensuite, on passait à la tournée des cafés ; toute la noce devait prendre l’apéro dans chaque bistrot du village, en oublier un, cela ne se faisait pas. Il était donc préférable qu’il n’y eût pas trop de cafés au village, mais, hélas, dans le moindre village se trouvaient plusieurs cafés et il arrivait que quelques convives soient déjà éméchés quand arrivait enfin le moment du banquet ! Les plats se succédaient tout au long du repas, plus rares et succulents les uns que les autres, et, pour le dessert, je me souviens plutôt d'omelettes norvégiennes que de pièces montées. Le champagne étant hors budget, on sortait le vin mousseux. A la fin du repas, certains racontaient des blagues, parfois même des blagues salaces, d’autres y allaient de la chansonnette qu'ils chantaient à chaque banquet. Un convive doué d’un talent d’animateur lançait des jeux, je me souviens surtout du jeu des chaises musicales : au son de la musique, une dizaine de personnes tournaient autour des chaises placées en cercle, il en manquait une et la personne qui n’avait pas réussi à s’asseoir était éliminée, le gagnant étant celui qui avait réussi chaque fois la prouesse de s’asseoir sur une chaise. Dans la soirée, un buffet était dressé et là, il n’était pas question de mets rares, on se contentait de toasts au beurre d’anchois et au pâté.

 

On posait des disques sur l'électrophone, les jeunes dansaient pendant que les plus âgés se contentaient de les regarder.

Un jour, lors de l’hiver 1962, on m’invita, pour faire la paire, au mariage d’un lointain cousin, car il manquait une jeune fille. Je m’étais cousue une robe rose, de forme princesse, dans un tissu un peu brillant, et ma sœur aînée m’avait prêté son manteau gris, acheté dans un magasin de confection. Pour la coiffure, je n’étais pas allée chez le coiffeur, j’avais crêpé mes cheveux pour en faire une sorte de chignon aussi bouffant que le permettait mes cheveux très fins et pas très fournis. Je fis la connaissance de mon cavalier, mais je n eus pas le plaisir, de vraiment le connaître, car, à la fin de la tournée des cafés, il était saoul comme une grive ! Il vomissait tripes et boyaux, on le fit se coucher et je ne le revis plus !

 

 

On faisait des mariages en fonction de ses moyens, les mariages grandioses c’était pour les riches, mais nous les gens modestes, il ne nous serait jamais venu à l'esprit de recourir à l’emprunt pour nous payer un tel mariage, ce qui, à ce qu’il paraît, serait fréquent aujourd’hui.

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