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A l’école des années 50

1 Jun 2018

 

                                                       En classe, entourée de petits camarades, avec mon tablier à carreaux

 

Chez nous, aucun caprice n'était toléré, cela se vérifia lors de mon entrée à l'école, les parents s'occupèrent rapidement de mettre au pas la gamine hurlante qui faisait ses premiers pas sur le chemin des études. Un choix me fut proposé : où tu vas gentiment à l'école avec ta sœur, âgée de 10 ans, où tu passes l'après-midi enfermée dans ta chambre ; j'optais pour le second choix tant il était inenvisageable pour moi de retourner dans ce terrible lieu. Mais les parents ne firent pas les choses à moitié, pour éviter que je passe le temps d'une manière agréable, ils fermèrent les volets et ôtèrent l'ampoule de la lampe.

Il est facile d'imaginer ce que fut pour une enfant cette épreuve d'enfermement, seule dans le noir, j'avais tout à fait compris qu'avec des parents qui tenaient fermement la bride, il serait vain de hurler et de cogner sur la porte, je dus attendre dans le silence la délivrance qui n'arriverait qu'au retour de ma sœur. Cette cruelle méthode se révéla très efficace, je ne regimbais plus jamais à la perspective d'aller à l'école, et, si je m’en évadais parfois, ce ne fut qu'en douces rêveries.                                                        

Certes, je connus quelques autres épisodes d'enfermement, mais, cette fois, dans le cadre de l'école. La maîtresse envoyait les enfants turbulents sur le palier à la descente de la cave, mais l'on ne restait pas longtemps au piquet à côté des balais et des brosses, et, pour se venger, on pouvait toujours arracher quelques poils aux balais !

Dans notre école il n'y avait qu'une seule classe où, sœur Johannes, aidée de sœur Béatrice, tenait fermement la barre. En ce qui concerne les tâches autres que l'enseignement les sœurs se faisaient aider par les grands de l'année du Certif, balayage, garnissage du poêle et remplissage des encriers dans lesquels nous trempions nos porte-plumes, le temps des stylos à bille n'étaient pas encore venu, du moins à l'école et il nous arrivait fréquemment de faire des « pâtés » sur notre page blanche. Le côté encre de notre gomme nous permettait d'effacer les dégâts, mais hélas, il nous arrivait d'être trop énergique et de remplacer la tâche d'encre par un trou ! 

 

                                                    

 

Dans ce temps-là, on ne mélangeait pas les garçons et les filles ; dans un village de 350 habitants dotés de deux écoles, la libre et la laïque, il n'était pas possible de faire une classe pour chaque sexe, l'allée centrale faisait office de séparation, les tabliers colorés des filles d'un côté et les blouses grises des garçons de l'autre.

Quand venait l'heure de la récré, en vertu de la ségrégation en vigueur, l'un des garçons traçait avec un bâton, un trait pour séparer la cour rectangulaire où s'ébattait d'un côté les filles et de l'autre les garçons et aucun des élèves ne s'est jamais permis une intrusion dans le territoire défendu. Comme à l'époque le mot parité ne faisait pas partie du vocabulaire, il ne fut dévolu à aucune des filles la tâche du traçage de ce mur symbolique.

Dans ces années cinquante la population des villages restait stables, peu de visages nouveaux rejoignaient notre quotidien, mais, dans ce bourg, pourvu d'une gare et d'une petite cité SNCF, nous vîmes néanmoins passer quelques enfants au gré des mutations du père de famille.

En 1954, l'unique classe devint trop petite pour accueillir les enfants de l'école libre plus nombreux que ceux de l'école laïque, on agrandit donc notre classe, les papas volontaires apportèrent leur aide à cette construction.

 

Mais aujourd'hui, sœur Johannes et sœur Béatrice doivent se retourner dans leur tombe, l'école laïque occupe les locaux de l'école libre qui, elle a disparue, Peu d'écoliers restent dans cette unique école, car les parents qui prennent leur voiture pour aller travailler déposent leurs enfants à l'école du gros bourg voisin pourvue de l'indispensable cantine.

C'était cela mon école d'il y a plus de soixante ans, cette école où j'ai appris à lire pour découvrir le grand bonheur de la lecture.

                                                                                     Et de l’écriture !

 

 

 

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